Le travail du son : Part 1

Bonjour mes petits lapins ! (…)

Comme vous pouvez vous en douter si vous avez lu le titre, cet article est le commencement d’un dossier en plusieurs parties sur le sujet suivant : le travail du son en home studio dans un contexte musical.
En fait, à chaque fois que l’on me demande en quoi consiste ce pourquoi je me forme et ce vers quoi je me dirige professionnellement, mes réponses ont le don de faire apparaître sur le visage de mes interlocuteurs une mine dubitative. Pourtant le métier d’ingé son dans la musique n’est pas inconnu, mais il est vrai que tout le monde ne sait pas concrètement en quoi consiste ce travail, si ce n’est rendre un morceau « plus agréable à écouter ». Le reste appartient au domaine du mystérieux voire du paranormal ! (J’exagère peut-être un peu…)

Cette série aura donc pour but de vous expliquer précisément et de la manière la plus ludique possible le rôle et les différentes étapes qui constituent le mixage et le mastering d’un morceau. Il y aura donc des images et des extraits sonores pour que vous compreniez et entendiez au mieux à quoi servent ces étapes. Ne vous inquiétez pas, ça ne sera pas super technique, même les non-connaisseurs pourront comprendre, et c’est même le but premier.

Le morceau utilisé comme référence est Warten du groupe INI, exploité par l’entreprise Hofa pour organiser un concours de mix et de remix. Ils ont donc rendu disponibles toutes les pistes qu’ils ont enregistrées et après, débrouille-toi !
Il va de soit que les pistes sont merveilleusement bien enregistrées, jouées par des professionnels, sur du matos haut de gamme, dans des pièces traitées acoustiquement. Bref, on part sur une base d’une qualité rare mais vous allez voir que pour autant, il y a quand même du boulot !

Duality_SE_Abbey_Road_Studio_52_alt_large

Voilà donc ça, c’est presque mon studio

Avant de se jeter tête dans le guidon dans le feu de l’action, il faut réfléchir un peu au but du mixage tout en définissant un peu ce que c’est. L’étape du mixage arrive directement après l’enregistrement. Les pistes enregistrées sont la matière première sur laquelle il va falloir opérer. Pour moi, un mix est réussi quand il arrive à recréer la sensation que le groupe joue devant soi. Ce qui implique un travail sur la verticalité (niveau sonore haut/bas) et l’horizontalité (panoramique gauche/droite) de chaque piste mais également sur la profondeur (instruments plus ou moins en avant ou arrière-plan dans l’écoute). On cherche donc à recréer un espace tridimensionnel x, y, z avec un support bidimensionnel (volume + stéréo)  x, y. Pour ce faire, il faut que les instruments ne se chevauchent et ne se nuisent pas, mais au contraire se complètent et s’enrichissent. Quand on voit un groupe jouer devant nous, on est censé entendre à quoi servent tous les musiciens. Et pour finir il faut que ça sonne bien tout simplement, que rien ne nous dérange, que l’on puisse écouter le morceau un nombre incalculable de fois sans avoir envie de changer quoi que ce soit. C’est un équilibre à trouver. Egalement, tout au long du processus, on va être amené à faire certains choix artistiques. Ces choix doivent être fait en collaboration avec les artistes pour correspondre à leur vision de leur musique et ne pas dénaturer leurs intentions. Les initiatives farfelues sont  donc réservées à nos projets persos.

Sans trop rentrer dans les détails abordés dans les articles qui vont suivre, je pense que c’est un bon début pour se mettre enfin au travail. Alors allons-y.

Dans un premier temps, après l’importation du projet, un bon professionnel analyserait les pistes pour voir si elles ont été correctement enregistrées, si il y a des sous-modulations ou sur-modulations (si le son a été enregistré à un niveau trop faible pour restituer l’énergie de l’instrument, ou inversement), si il y a des problèmes de placement rythmique etc. mais nous, nous savons que ce n’est pas le cas alors on peut passer à la suite.

Généralement quand on importe tous les fichiers audio de la session d’enregistrement, on pourrait qualifier ce que l’on a devant les yeux de JOYEUX BORDEL !

Joyeu bordel

 

Pour synthétiser et expliquer un peu ce que vous voyez : il y a 50 pistes totalement désordonnées, nommées en allemand, qui vous regardent tristement. Dites-vous qu’au moins elles sont nommées, c’est quand même fait par des professionnels… mais allemands… Parce qu’il est apparemment assez fréquent dans le milieu de se retrouver avec un tas de pistes parfaitement classées de « Audio 1 » à « Audio 36″…
Bref vous l’avez compris, il faut ranger. On écoute les pistes, on devine alors ce que c’est et on renomme. Puis on les range par catégorie : batterie, basse, clavier, guitare, synthé, voix pour ce qui est de mon organisation. Ensuite comme notre objectif est de pouvoir aller au plus vite sur la piste que l’on veut, on classe à l’intérieur même de ces catégories, de l’élément le plus grave au plus aiguë ou bien par chronologie suivant les instruments et pour finir on rajoute un petit code couleur des familles.
Et ça donne ça :

Code couleur

C’est un peu plus joli et organisé quoi. Le but étant aussi de se créer des automatismes, des habitudes comme créer son propre code couleur que l’on utilisera à chaque fois. Passer 3 minutes à retrouver une piste c’est pas très productif m’voyez… Donc je sais pas si vous êtes familier avec le terme « workflow« , mais sachez qu’un bon workflow est primordial pour travailler efficacement et durablement, alors il faut le chouchouter avec une organisation intuitive.

Mais maintenant entrons dans le vif du sujet, on va écouter des trucs !
Un piste d’instrument contient tout un tas de fréquences. Certaines influent sur la note jouée, d’autres sur le timbre de l’instrument, d’autres encore sur la présence ou l’intensité de l’attaque. Mais… tapies dans l’ombre demeure des fréquences… moches ! Ce sont souvent des résonances et le jeu va consister à les trouver et les exterminer ! *TA-TAN TAN TA-TAN TAN* (c’est la musique de Terminator.)
On va utiliser ce que l’on appelle un equalizer ou EQ (ça y est il commence avec ses termes barbares !).

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Un EQ permet de cibler des fréquences avec plus ou moins de précision (c’est réglable) et de les accentuer ou de les diminuer. Ici comme ce sont des fréquences qui nous dérangent, on va les faire disparaître en diminuant leur volume. Cette étape demande une oreille assez aguerrie, c’est normal qu’au début vous ne trouviez rien de gênant sur les pistes « sales ».
Ce qui va se passer sur l’extrait audio suivant, c’est que nous allons partir sur un EQ sans réglage actif (1) et ensuite nous allons écouter attentivement pour trouver ces fameuses résonances. Une fois que nous en avons repéré une j’utilise l’EQ pour augmenter le niveau sonore des fréquences et ainsi trouver plus facilement sur l’interface ci-dessus la fréquence de la résonance nuisible (ici c’est 518 Hz) (2). Une fois que nous l’avons trouvée, nous pouvons la diminuer et la faire disparaître (3) dans les abysses sonores pour que jamais plus elle revienne nous faire ch… nous embêter.  ! (Je vous conseille d’écouter avec un certain volume, au casque ou avec un bon système d’écoute. Il y a des petites annotations pour vous guider.)

Voici un petit extrait sonore sur deux fréquences amplifiées, puis atténuées, et deux autres avec une comparaison avant nettoyage (EQ : off) et après nettoyage (EQ : on) de la caisse claire seule et de la batterie complète. Ces fréquences sont principalement des résonances et se situent donc autour des notes jouées (là c’est un peu après l’attaque du coup de caisse claire). D’ailleurs si on touche à ces attaques, le son de l’instrument va être altéré. Notre but est de chasser les sons parasites en conservant le son original de l’instrument.
Une fois toute les pistes réunies, la différence avant et après nettoyage peut être assez subtile, mais ce sont l’accumulation de détails comme ceux-là qui font un résultat de qualité.

Vous aurez aussi droit à l’avant/après nettoyage avec tous les instruments, mais pour pouvoir apprécier ce travail, il faut d’abord effectuer deux petites choses et pas des moindres, mais ça ce sera pour le prochain article ! MOUAHAHHHHA

A la prochaine les poupinous ! (…)

(faut vraiment que j’arrête de traîner avec Hélix, ça ne me réussit pas)

 

-W-

 

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Une réflexion sur “Le travail du son : Part 1

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