Pourquoi faire de la bonne musique qui ne rapporte rien quand on peut faire de la soupe qui rapporte gros ?!

Oui, c’est cliché, facile, et surtout faux, mais on m’a dit que pour gagner en visibilité il fallait un titre racoleur et une image de gonzesse à poil (enfin, justement pas).

Aujourd’hui je vais parler d’intégrité, de valeurs, d’intentions, de fraternité, d’égalité, de liberté, d’amour mais aussi beaucoup de mercatique. En gros je vais encore donner mon point de vue. Cette fois il concerne une expression insupportablement utilisée à tort et à travers : « Pffff ! Non mais c’est d’venu trop commercial t’vois ! » (Mathieu – 16 ans (1999 – 2015) mort par strangulation avec corde de guitare suite à une altercation avec Wyhman.)

Petite devinette pour commencer :

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Il existe au moins trois points communs aux quatre meilleures ventes de singles aux USA à la fin de l’année 2014… Lesquels ?!

Et bien, le premier est qu’ils possèdent tous un clip. On voit vraiment qu’aujourd’hui le média se développe autour du support visuel. Un hit c’est une musique mais surtout un clip ! On est passé de « T’as entendu le dernier Jean-Phillipe Goujon ? » à « T’as vu le dernier clip de Jean-Phillipe Goujon? ».

Le deuxième est qu’ils ont tous un petit logo Vevo sur leurs clips, petit détail lourd de sens… mais j’ai déjà fait un article sur le sujet.

Le troisième, je vous laisse deviner :

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Etonnant non ? Que ce soit dans le sens premier, second ou les deux, que ce soit dans les images, les paroles ou les deux, ça tourne toujours autour du cul !

Ok ok, je vous vois arriver avec vos « ouais mais t’es obligé de remonter en 2014 pour nous prouver ça espèce de @^|{bip\*@*$ » (C’est juste que j’ai eu l’idée de cet article fin 2014 alors que le blog n’était même pas encore ouvert. Et je devais faire un article sur Vevo obligatoirement avant, d’où la sortie tardive.)

Déjà calmez-vous, mais admettons, pour prouver ma bonne foi, regardons ce qu’on trouve dans le top 10 de cette semaine !

On a le chaton d’une jeune demoiselle qui ne demande qu’à manger le petit oiseau de Justin Bieber gentiment emmitouflé dans un caleçon Calvin Klein (le placement de produit est gratuit ici), on a Demi Lovato qui joue les prostituées de luxe dans une ruelle étroite, probablement l’arrière-boutique d’un club de strip-tease au vu des néons roses, on a aussi droit dans le clip de Calvin Harris (ça commence à faire beaucoup de Calvin) à un florilège de clichés : le club de strip-tease en question, la bombasse qui sort de la piscine avec un t-shirt (mouillé du coup…) qui laisse apparaître ce que vous pouvez imaginer, sans oublier les rentiers californiens sur leurs petits bateaux luxueux longeant les plages à la recherche de Demi Lovato, mais ce qu’ils ne savent pas c’est qu’elle est sur un trottoir ! Et puis alors les gars de Galantis ont fait mieux. Premier plan : une nana qui suce une glace à l’eau dans un supermarché, tout ça pour finir sur un léchage de pubis en plus d’autres frivolités.

Bref vous avez d’autres questions ?

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Il est évident et certain que ce n’est pas un hasard de voir autant de sexualité, ou de choses sexualisées dans les clips de musique. Comme tout autre objet de consommation, la musique ne déroge pas aux abondantes règles de marketing qui attirent les consommateurs et leur font acheter un produit. Il y a donc une sorte de cahier des charges pour tout ce qui se fait par les majors ou qui se veut populaire. En exclusivité mondiale sur la vie en croches, je vais vous en révéler une partie !

– Art.52 – II.37 : Attirer le prospect.
On a donc des éléments qui se chargent d’attirer le regard de l’inconnu (toutes les images que j’ai pu vous proposer précédemment entre autres). Et par exemple sur les plateformes comme youtube, le but va être de trouver LA miniature parfaite qui va faire cliquer.

– Art.78 – XI.03 : Mettre le produit en valeur.
Ici il va être question de présenter clairement le produit. Je parle de clarté de l’image évidemment, mais aussi du son. Faites le plus sexuel et/ou créatif des clips, si il est en 240p personne ne le regardera. Mais inversement, sans support visuel, si c’est de la bouillie auditive, bah ça le fera pas. Tout se fait donc sur du matos hors de prix par les ingénieurs les plus prisés (remarquez que je ne dis pas « par les meilleurs »). On est chez les majors, ne l’oublions pas. Et là encore on est seulement dans la post prod. (Ajoutons maquilleurs, décorateurs, costumiers etc.)

– Art.12 – IV.43 : Ne pas dépayser le client.

Clairement il est indiqué qu’il faut au maximum garder le client en terrain connu. Il faut donc formater tout ça en gardant principalement des sons que l’on connait, auxquels nous sommes habitués et en utilisant des harmonies simples, des progressions d’accords connues, avec quand même un élément ou deux de surprise, histoire de pouvoir appeler ça un nouveau morceau.

– Art.26 – XVI.11 : Fidéliser le client.

Pour ce faire, c’est simple. Il faut garder une image et une ligne directrice cohérente. Avec Nicki Minaj, on s’attend à du sexe de la provocation tandis qu’avec Taylor Swift on s’attend à du politiquement correct, à de l’aseptisé, à du gentillet, à du teenage dream life, bref, on veut voir Barbie bru idéale®. En respectant ça, on garde sa clientèle et quand on lui redonne la même chose à manger, on la fidélise.

– Art.99 – XCIX.99 : Faites rêver ces trous du c** !

Faire rêver le public donc… Des bagnoles hors de prix, des fringues de créateurs, des paysages magnifiques, du soleil, des chiots (ah non)… bref faut surtout pas montrer le quotidien quoi.

Mais d’un autre côté, en tant que consommateur de musique, on ne devrait pas être content de voir de belles images ? D’avoir un son clair, précis, et efficace ? De retrouver un artiste là où on l’a aimé antérieurement ? Si je veux changer d’univers je change d’artiste c’est tout ! Et puis tout le monde aime rêver, s’échapper, c’est un des plus grands pouvoirs de l’art ! Qu’est-ce que ça a de mal alors ?! Si c’est ça la musique commerciale ça valait clairement pas la peine de faire un article !
Le fait est que nous commettons une grave erreur dans le jugement du degré commercial d’un artiste ou de son travail. Il est ⌈essentiel⌉ de dissocier l’art de l’artiste, donc le résultat de la démarche. (J’en fais un peu trop ?!)

Pour moi, « commercial » n’est pas un état mais une intention ! Si l’on revoit tous nos jugements avec ce point de vue, beaucoup de choses changent. Non, ce n’est plus si simple de faire la distinction entre ce qui est commercial et ce qui ne l’est pas. Sans ce point de vue il n’y aurait de la musique commerciale uniquement dans les charts que je vous ai présenté, or il y en a aussi dans le black metal ! Pourtant vous ne verrez pas de black metal dans les charts (quoi que peut-être en Finlande qui sait ! Ah bah non (j’ai regardé…)).

Qui sommes-nous alors pour deviner l’intention d’un artiste ? Théoriquement on ne devrait pas pouvoir, mais concrètement faut pas non plus nous prendre pour des cons. Outre ce genres d’images très célèbres, on peut assez aisément déterminer l’intégrité artistique d’un groupe ou d’une personne en analysant un peu ses œuvres ou en écoutant/lisant ses interviews. Prenons Booba, Jonny Greenwood et Francis Lalanne. On sait que Booba est plus attaché à son business et sa marque de vêtements qu’à sa musique. On sait que Jonny Greenwood est un compositeur multi-instrumentiste, fou de synthèse analogique. On sait que Francis Lalanne est peut être l’artiste français le plus moqué pour la médiocrité de son travail mais néanmoins, il est sympathique. Qui est commercial, qui ne l’est pas ?
Parlons un peu d’amour (ohhhhhhh), l’amour de l’art plus exactement (ahhhhhhhh).  Il est où dans tout ça ? Chez Booba j’ai l’impression que c’est secondaire. Chez Lalanne et Greenwood, par contre, je sens de la sincérité, je sens un vrai plaisir de créer et d’offrir au public. (Jamais je n’aurai pensé mettre Lalanne et Greenwood sur un pied d’égalité…)

Et c’est même pas une question d’intérêt artistique ! Parce que finalement dire que l’œuvre de l’un est plus intéressante que celle de l’autre c’est absurde. D’un point de vue sociologique par exemple, je pense même que les œuvres de Booba sont plus intéressantes que celles des deux autres.
Ça revient à ce que je disais tout à l’heure : la notion n’est pas liée à l’œuvre, mais à l’intention.

Personnellement, en tant qu’auditeur, ce que je recherche et que j’aime, c’est l’émotion, et pour moi elle passe par la sincérité de l’artiste. J’aime savoir ou penser que l’artiste n’a pas fait de compromis, que son art est à son image et non à celle d’une trentaine de personnes. Je n’aime pas voir les ficelles non plus, qu’elles soient artistiques ou mercantiles. D’autant plus qu’elles ne sont même pas forcément dues à l’artiste lui-même ! La pauvre Zaz a cette image préfabriquée de bohémienne humaniste immature et gentillette (donc bêbête) malgré elle. Elle s’est faite piéger par l’image que lui ont donnée ses agents et producteurs et qu’on aime avoir d’elle.
Bref, tout ça pour moi, c’est pas de l’art « pur ». Tout ça, c’est commercial et je commence à me lasser de voir tant de musiques radiophilisées sur le marché !

Mama, un truc à rajouter ?

-W-

« […]maaaaaaaaaaaaaaake your own kind of music, siiiiiiiiiiiiiiiing your own special sooooooong, … »

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Une réflexion sur “Pourquoi faire de la bonne musique qui ne rapporte rien quand on peut faire de la soupe qui rapporte gros ?!

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