Vevo : chaton ou Démon ?

« Salut c’est J.C !

Avec mon groupe on vient de sortir notre dernier album mais on n’arrive pas à percer sur internet. On a vu que les vidéos de Vevo faisaient des millions de vues alors je me suis dit que si je mettais un logo Vevo sur mes clips on arriverait à faire du buzz ! Mais je comprends pas bien ce que c’est… C’est pas une secte au moins ?! »

Salut J.C ! Tu m’as l’air un peu simplet mais je vais quand même essayer de répondre à tes interrogations, d’autant que c’est aussi un mystère pour beaucoup d’utilisateurs. Alors, ce « Vevo » qu’est-ce que c’est ? C’est tout simplement une plateforme d’hébergement de vidéos de divertissement autour de la musique. Clip vidéos bien sûr, mais aussi interviews et « Behind the scene ». L’objectif étant de proposer du contenu officiel et de bonne qualité.

Pour pouvoir proposer du contenu officiel et de bonne qualité, il faut évidemment un accord avec les auteurs de ce contenu. Vous n’êtes pas sans savoir non plus que pour augmenter leur visibilité, les artistes passent (ou doivent passer…) par des labels qui gèrent leur communication et donc, par conséquent, leur promotion. Certains labels sont indépendants, d’autres sont en réalité contrôlés par des labels/sociétés beaucoup plus importantes comme les majors. (Les majors, ce sont les piliers de l’industrie du disque. Il y a Universal Music Group, Sony Music Entertainment et Warner Music Group). Des sous-labels en somme.

« Bon c’est bien joli tout ça mais ça ne dit pas à J.C ce qu’est vraiment Vevo ! » J’y viens, j’y viens

Si j’avais eu la même idée que les fondateurs de Vevo, j’aurais pu, avec un peu de motivation, d’investissement pécuniaire et personnel, créer une plateforme révolutionnaire qui recenserait tous les vidéoclips du secteur musical de la Lozère (département le moins peuplé de France, là d’où je viens accessoirement). Ce serait le mieux que je puisse faire. Bon, ce serait assez peu lucratif (c’est pour ça que personne ne l’a fait). En revanche, si Google s’en mêle, tout est possible (Il est bon de savoir aussi que Google a racheté YouTube en 2006). Reprenons. Vevo est donc une plateforme d’hébergement de vidéos musicales dirons nous, qui a donc pour parent Google, mais aussi, par association, Universal Music et Sony Music ! Vous savez, les deux plus gros majors (ça frôle le pléonasme cette histoire !) Et c’est là que ça devient drôle et que vous commencez à comprendre. Évidemment cette orgie de sociétés, d’accords, d’enjeux économiques, de vidéoclips, de royalties et de recettes  ne pouvait se terminer ailleurs que sur Marmiton YouTube, qui met donc à disposition son monopole de l’hébergement de vidéos pour ce sympathique projet. En gros YouTube permet plus de visibilité aux clips de Vevo et Vevo augmente la fréquentation de YouTube.

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Petit chaton mignon ou entité démoniaque ?!

Rectifions d’abord une chose avant d’aller plus loin. Autour de moi Vevo est souvent associé à la « merde de danceclub » ou à « l’électro-pop aseptisé », en gros à de la musique dite « commerciale » (Un article est prévu sur le thème de la musique commerciale, mais j’avais besoin de cet article préalablement). Cette association est due au fait que les majors produisent tout ce qui se vend le mieux, donc forcément tout ce qui passe à la radio ou dans les boites de nuits (C’est moi ou c’est devenu ringard comme expression ?). Mais même si ces genres de musiques sont leur fer de lance, il est évident qu’ils produisent bien d’autres choses, et des choses très bien, notamment grâce à ces sous-labels dont je vous ai déjà parlé qui permettent de séparer un peu les genres et de créer une cohérence dans la distribution. Du coup, parmi les vidéos qui comportent le logo Vevo, on retrouve autant de Marilyn Manson, de Lamb of God, de Ghost, de Eminem que de Melody Gardot. Vous voyez donc qu’il y a vraiment de tout.

En théorie, le projet est louable et il faut reconnaître que ce n’est pas désagréable de taper le nom d’un morceau et de tomber directement sur le clip officiel en HD hébergé par le compte (Vevo) officiel de l’artiste. Souvenez vous que l’internet est une mine d’or de contenu divers et varié. Les plus vieux sauront bien mieux que moi à quel point ce n’était pas simple de tomber sur la vidéo que l’on voulait regarder en bonne qualité. Déjà, l’arrivée de YouTube a arrangé un peu les choses, mais là il faut reconnaître que ça élimine assez radicalement les vidéos « indésirables » ou moins désirables. Malheureusement de la théorie à la pratique, le fossé est énorme.

Déjà, la première chose qui dérange c’est évidemment la situation de monopole. Ou du moins de concurrence déloyale. Vous imaginez ? C’est un peu comme si Google avait son propre label de musique. C’est tout le marché de la musique qui est déséquilibré ! Google met en avant ce qu’il veut, c’est assez logique. Déjà que les petits indépendants comme J.C sont désavantagés par les budgets colossaux des productions des majors, là ils doivent encore redoubler d’efforts pour essayer de se faire voir par 500 personnes ! « C’est vraiment trop inzuste » (Calimero – 1971)

Autre chose qui me gêne très légèrement : comme la musique est un truc de pré-ados, les paroles trop violente comme les gros mots sont effacées des morceaux et remplacées par un gros blanc…. Pour faire simple, les artistes sont censurés ! CEN-SU-RÉS ! Non mais *$^@&*!$ !!!!!!!! Le pire dans tout ça, c’est l’hypocrisie dont ils font preuve ! Tu censures les grossièretés des rappeurs qui sortent leur rage dans leur paroles (le but du rap quoi), mais par contre quand y’a des nanas à poil qui frottent leur cul à tout ce qui leur passe sous la main, comme par exemple faire du rodéo sur une grosse boule en léchant une masse, là tout va bien ! Rien de subversif, rien de dégradant quoi ! La grossièreté c’est mal, mais la vulgarité, c’est bien ! Honnêtement, je suis contre la censure. Même pour le dernier exemple que je viens de vous citer, la censure n’est pas la solution. Ce qui me dérange c’est l’hypocrisie. Soit vous jouez les gardiens de l’innocence des adolescents en créant votre propre contenu correspondant à vos critères de tolérance, soit vous foutez la paix aux artistes qui créent des chansons pour être écoutées telles qu’elles ont été composées et enregistrées ! On ne demande pas la lune quand même ! Bon, je m’emporte un peu, passons à la suite.

Les utilisateurs ont élu à l’unanimité les pubs au premier rang des défauts de Vevo. Honnêtement, je ne dirais pas grand chose à ce sujet car la gratuité et la publicité vont de paire, c’est comme ça. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Je pense que les réactions seraient plus vives si le service devenait payant, même pour une somme dérisoire. Donc le service est gratuit, bourré de pubs, et tout le monde est content mais râle quand même. Après, je pense honnêtement qu’ils se font deux fois plus de dollars avec les pubs que s’ils faisaient un service payant. Les pubs sont une peu une corne d’abondance de dollars. Et comme l’argent appelle l’argent qui engendre des investissements qui engendrent de l’argent qui appelle l’argent, Vevo défend le moindre de ses centimes en faisant une vraie chasse aux sorcières sur l’utilisation des vidéos produites dont ils ont les droits (forcément). Avertissement, suppression de vidéo ou de compte, si vous avez le malheur d’intégrer des extraits de musiques protégés par les majors, voilà ce qui peut vous arriver. Youtube (Google) a endurci sa politique de protection des droits d’auteur et je ne sais pas pourquoi, mais la collaboration des majors avec Google me fait subtilement penser qu’il y aurait peut être éventuellement un lien avec ces phénomènes de durcissement de politique…, Mais c’est peut être présomptueux d’avancer cela… Donc en plus de la censure sur les morceaux, on a aussi affaire à de la censure par rapport aux droits. Certaines vidéos sont carrément interdites dans certains pays ! Et cerise sur le gâteau,  les artistes eux-même n’ont pas le droit de poster leurs propres clips sur leur compte indépendant, puisqu’il est automatiquement et en exclusivité posté sur les comptes Vevo (« PèreDoduVevo » par exemple). On peut se retrouver avec des situations aussi cocasses qu’effrayantes.

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Ahhhhhh… Heureusement qu’il y a Warner quand même ! (…)

-H-

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Une réflexion sur “Vevo : chaton ou Démon ?

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