La prétention de l’humilité

Bonjour bande de trublions !

J’ai été récemment confronté à un comportement qui m’a gêné lors d’un projet musical. Finalement c’est ce qui m’a poussé à entamer la réflexion dont je vais vous faire part aujourd’hui. Elle concerne l’état d’esprit propice à l’apprentissage. Je prendrai ici l’exemple de l’apprentissage de la guitare car c’est le premier auquel j’ai été confronté, celui que je fréquente le plus régulièrement, et parce qu’il est à l’origine de ce comportement gênant. Vous l’aurez compris, cet article sera un peu différent et ne traitera qu’indirectement de musique.

J’ai toujours pensé qu’il y a certains profils de personnes plus aptes à apprendre que d’autres. Ça parait logique, évident, mais je n’avais pas forcément trouvé les mots pour l’expliquer, ou du moins je trouvais mon raisonnement incomplet. Puis j’ai eu ce mot qui m’est apparu récemment et qui a changé ma perception de l’apprentissage. Ce mot c’est l’humilité. J’espère que tout un article consacré à ce mot ne lui fera pas perdre son sens en lui faisant enfler les chevilles !

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Superman savait voler, mais il n’a jamais été foutu de poser 3 accords !

On utilise souvent ce mot pour son sens surfacique. C’est à dire pour parler d’un mec pas prétentieux en gros. Mais finalement, quel rapport entre l’humilité et l’apprentissage ? Et bien pour moi il est essentiel d’être humble pour se lancer et réussir son apprentissage. C’est bête, mais vouloir apprendre, c’est avoir envie de s’enrichir, et avoir envie de s’enrichir c’est admettre que l’on n’est pas assez riche. Nous ne sommes encore qu’à la surface du mot et pourtant déjà des profils s’excluent. On a tous rencontré des gens pour qui apprendre est une corvée, une perte de temps. Après tout, « on n’est plus à l’école ! » Je pense qu’effectivement, une fois l’école finie, notre temps n’est plus exclusivement consacré à l’apprentissage, mais pour autant il n’en est pas moins indispensable à mes yeux. Mais là n’est pas la question.

(Attention, je ne fais pas de l’exemple qui suit une généralité, c’est tout simplement un mélange de personnes et personnalités qui m’entourent… C’est un exemple quoi !)
Pour les petits curieux qui trouvent un intérêt dans l’apprentissage, il y a encore du chemin pour atteindre mon profil type. Si l’on creuse un peu le mot, on arrive à la vision de soi. Donc, prenons « monsieur X » qui est commercial dans une entreprise de boites en carton. Un poste à responsabilités donc, et surtout un poste qui lui donne l’habitude d’avoir un masque devant sa personnalité  (commercial – vente – image de marque – argent). Cette personne est fêtarde, et son bagou fait souvent de lui le maître de cérémonie officieux de toutes les sorties en boite de nuit avec son très grand groupe d’amis. Je vais vous dire où je veux en venir. Si j’ai pris cette personne, c’est parce qu’elle a a-priori un environnement très superficiel. Monsieur X est valorisé dans son travail et dans son grand groupe d’amis (qui n’en sont pas vraiment mais chuuuuut…) pour son aspect superficiel. Les relations de boite de nuit ne sont généralement pas des relations de fond. Bref, monsieur X est donc valorisé et même encouragé dans ce mode de vie. La où je veux en venir, c’est que monsieur X n’a pas l’habitude d’être confronté à lui-même. A ce qu’il est vraiment au fond de lui, derrière le masque. Pour améliorer son niveau de coolitude, il va se mettre à la guitare. Malheureusement il tombera probablement de haut car la guitare, elle, n’est pas du genre hypocrite. Elle ne sonnera pas bien si tu la grattes mal. Elle est impitoyable, mais impitoyablement juste et sincère. Il faudra être prêt à accepter une relation brute, franche et honnête avec son instrument. Et c’est là que le sujet de nos expériences aura des réactions gênantes pour son apprentissage et aura même tendance à abandonner facilement. Quand je parle de comportement gênant, je parle d’énervement principalement. Il y a l’énervement interiorisé, qui va être un énervement contenu et qui s’exprimera par une crispation du corps, et particulièrement du bloc bras-mains-doigts, mais aussi par un manque de patience dans la pratique des exercices. Ces comportements entraîneront des douleurs et même des blessures pour ce qui est de la crispation, et une inefficacité du travail pour ce qui est du manque de patience. Quand on travaille la guitare, le corps doit être détendu, souple, et les exercices doivent se pratiquer avec une difficulté progressive. Aller trop vite entraînerait la frustration, l’énervement, la crispation, et le manque de patience… Vous voyez la boucle infernale ?! Il y a aussi la mauvaise foi. « C’est certainement de la faute de la guitare, et le mediator est mal foutu, il glisse entre les doigts. Et puis ma chaise… blablabla. » La mauvaise foi s’applique aussi à l’énervement exteriorisé. Pour une répétition de groupe par exemple, monsieur X rejettera la faute sur les autres. Ce n’est pas lui qui sera décalé, mais le batteur par exemple. Outre la dégradation de son matériel, ses relations musicales se dégraderont aussi et c’est dommage, puisque la musique seul, c’est bien, mais la partager, c’est mieux !

Et donc au contraire, une personne au clair avec soi-même, avec ses capacités et ses attentes,  aura des réactions plus saines face à l’échec et cela s’en ressentira positivement au niveau de l’apprentissage. (En gros, tout l’inverse de tout à l’heure.)

On arrive à un troisième point qui a fait une petite intrusion dans le paragraphe précédent : c’est la reconnaissance de la valeur du travail. Du sien donc, mais aussi et surtout de celui des autres. Dans le cas précédent on a vu dans une situation de répétition de groupe le rejet des fautes sur autrui. Il y a donc clairement un irrespect pour le travail de ses petits compagnons. Ici c’est clair, mais plus généralement c’est l’ensemble de l’esprit critique de monsieur X qui est contaminé par son manque d’humilité. Si il n’aime pas la ligne de basse de son bassiste, c’est forcément qu’elle est mauvaise. Je pense qu’une petite réflexion s’impose avant de « figer » (rien n’est vraiment figé de toute façon) son opinion. Pourquoi je ne l’aime pas ? N’est-elle vraiment pas cohérente avec le reste ? N’apporte t-elle justement pas une touche d’exotisme ou d’originalité qui serait la bienvenue dans le morceau ? Bref tout un tas de remises en question de soi avant de remettre en question le travail des autres. Dans un cadre plus général cet esprit critique aura tendance à être cinglant, catégorique et arrogant par rapport à certains morceaux, groupes, ou styles. Finalement, vous voyez, c’est l’humilité qui est à la base de l’ouverture de l’esprit ! Ahahhhh ça vous la coupe ça non ?! Même pas un petit peu ? Bon….

J’aimerais rajouter une petite chose avant de vous quitter. Depuis le début je parle de profil type pour apprendre. Ne vous dîtes pas après avoir lu l’article « ouais mais moi je m’énerverais c’est sûr, je suis pas fait pour la musique, j’aurais pas la patience, j’ai pas le bon profil etc. » C’est faux et archi-faux. Déjà, personne n’est fait pour quoi que ce soit puisque c’est l’envie, la motivation, mais surtout la passion et le travail qui vont définir si, comme on dit pour rajouter un côté magistral au truc, vous êtes fait ou non pour ça. Personne n’a de don. Juste aux mieux quelques prédispositions. Ça rejoint le troisième paragraphe sur la reconnaissance du travail des autres. Reconnaitre que les autres ont bossé pour en arriver là et ne pas se dire par mauvaise foi que eux avaient un don et que c’est plus dur pour nous ! Ça fait clairement partie de l’humilité de respecter ces années de dur labeur. Sinon, si je peux vous rassurer,  personne ou presque n’a un profil idéal dès le début de l’apprentissage. Si je dois me prendre comme exemple, ayant commencé la guitare vers les 16 ans, je ne m’étais jamais vraiment investi dans l’apprentissage de quoi-que-ce-soit. Je n’avais donc pas une super discipline au début. C’est justement cet apprentissage qui m’a mené vers un état d’esprit encore plus favorable. Dernière chose : être humble ce n’est pas non plus se dévaloriser, au contraire ! (Attention tout de même à ne pas être trop prétentieux non plus, si vous êtes bassiste normalement y’a aucun risque mais les guitaristes… qu’est-ce qu’ils se la pètent ! Et encore, c’est rien à côté des pétomanes ! (Tout ça pour ça, oui. J’assume). À force de surmonter les étapes de l’apprentissage et de déjouer les embûches tendues par l’instrument, vous allez gagner en confiance et non seulement ça facilitera votre apprentissage, mais ça vous poussera à trouver votre personnalité musicale. Pour innover il faut avoir confiance en soi. Un débutant qui va jouer de telle manière se dira « C’est pas comme ça qu’il faut faire, c’est mon prof qui me l’a dit ! » Un joueur plus expérimenté se dira « Tiens, ça peut être intéressant dans telle ou telle situation ! » Un bon musicien peut tout se permettre et c’est là que la musique prend tout son sens.

Finalement tout est une question d’équilibre.

-W-

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