Bumblefoot – Little Brother Is Watching

Ronald Jay Blumenthal alias Ron « Bumblefoot » Thal, Ronny, Ronaldounet, ou encore simplement Bumblefoot abrégé BBF, et bien c’est un sacré énergumène ! Vous pouvez vous en douter avec un tel pseudonyme mais votre impression ne sera qu’amplifiée en voyant quelques unes de ses guitares (photos ci-dessous). Et définitivement il vous achèvera si vous vous intéressez un tant soit peu à ses premières musiques.

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 Monsieur Thal est principalement connu pour sa virtuosité sur guitare électrique, ses solos déjantés et plans tapping décalés. C’est ce que l’on retrouve le plus sur son premier album : « The adventures of Bumblefoot« . Album totalement instrumental (et barré) qui mélange des sonorités latines, metal, et parfois même de jeux vidéos. Mais au fil du temps et des albums (à peu près 8), le petit Ron s’est assagi et a évolué vers un format de chanson plus « classique ». Il est donc assez malvenu et réducteur de le cantonner à ces simples qualités de virtuose de la guitare (c’est déjà pas mal vous me direz). Ronald est auteur, compositeur, directeur artistique (composition, enregistrements (sauf des percussions), mixage, mastering) de ses albums et interprète forcément sur scène en tant que guitariste et chanteur. Malheureusement il n’est pas très connu du grand public. Paradoxalement sa situation de guitar hero lui a permis de sortir de l’ombre, mais fait de l’ombre à ses autres qualités. Donc pour gagner sa vie, Ron est guitariste chez les Gun’s & Roses, ou du moins ce qu’il en reste (c’est à dire Axl Rose… ou du moins ce qu’il en reste) et se fait plaisir sur ses projets musicaux solos. Avec ses compositions donc, mais aussi avec ses masterclass ou mini-concerts dans les bars où il n’hésite pas à interagir avec le public (si vous avez suivi facebook cette semaine vous êtes sûrement tombés sur cette vidéo)

Bon j’ai pas envie de le faire mais puisque vous insistez je vais d’abord vous présenter un morceau qui démontre toutes les qualités que je viens de louer.

L’accompagnement est juste dingue je trouve… Il utilise des accords difficilement exploitables habituellement et pourtant, assemblés les uns avec les autres il n’y a que de très subtiles dissonances. Cet accompagnement est joué de manière à la fois très rythmé et en même temps le résultat est assez mélancolique (belle prouesse je trouve, c’est pas joyeux mais c’est pas plombant non plus). Je me suis également amusé à traduire les paroles et ce fut une grosse grosse claque ! Il nous fait prendre conscience, ou nous rappelle, l’importance de chaque moment par rapport à l’irrémédiable temps qui passe qui fait de chaque instant, à chaque seconde écoulée, un souvenir de plus en plus lointain. Il traite des moments de la vie de tous les jours de manière vraiment poétique, avec un recul et une profondeur très touchants. Tous ces moments posent le triste constat que tout peut s’arrêter en un éclair (dash), une relation amoureuse comme l’existence en elle-même. Finalement tout se termine par un souvenir (pour soi ou pour les autres). Il y a un  très fort lien au passé dans cette chanson.

A la fin, Ron associe des anaphores « Life is what happens in-between… » avec des exemples qui parleront à tout le monde. Parmi eux l’exemple d’un « rêve que l’on essaie de se remémorer », ou du fait de « vouloir le dire, mais d’attendre top longtemps », de « laisser sonner son téléphone en fixant le numéro qui s’affiche » ou encore de « saisir une opportunité, mais de finalement tout perdre ». Des moments où l’on se sent vivant par la force des émotions. Et comme si cela ne suffisait pas, Ronny nous rajoute une suite d’accords idéale pour un solo mais ne fait pas un simple solo. Il répond à ses vers avec de petits plans de guitare très lents et mélodieux, avec de grosses attaques, des bends, qui rendent le tout très puissant, et touchant. (Moi ça me touche beaucoup en tout cas.) Tout ça pour vous dire que ce mec est un putain de compositeur, un putain de chanteur, un putain d’auteur et un putain de guitariste (Oui, désolé le talent ça me rend grossier !).

Bref ce n’est pas le sujet du jour puisque que je vais vous parler de son dernier album : « Little Brother is watching you« . Référence assez évidente à Big Brother, mais en l’adaptant à notre ère très informatisée et miniaturisée.

Donc sur cet album Ron continue le chemin qu’il a entrepris depuis quelques temps déjà. C’est à dire un style un peu plus sérieux, moins décalé tout en gardant ses diverses influences. Finalement « Dash » aurait put figurer sur cet album. (Promis j’arrête avec Dash.)

Ce qui est étrange c’est que j’ai eu un avis assez mitigé lors de la première écoute de ce nouvel album, alors que Dash , qui a un style qui s’en rapproche beaucoup, est mon morceau préféré (j’ai menti). Phénomène étrange également, j’ai aimé beaucoup de titres lors de cette première écoute. Alors pourquoi cet avis mitigé ?! Peut-être que je me suis laissé piéger par son personnage déjanté, et par là-même j’ai peut-être eu des attentes qu’il n’a pas satisfaites. J’explique surtout cette sensation par le moment faible de l’album qui arrive tout à la fin et qui laisse forcément une mauvaise impression. Et oui, comme tout album (ou presque) il y a des morceaux que je considère comme faibles. Après huit très bonnes chansons, Ron nous en propose une neuvième nommée « Sleepwalking ». Pas rythmée, moins inspirée, très collège rock, je me suis vraiment ennuyé en l’écoutant. Vous me direz, ça arrive de ne pas être sensible à quelques chansons sur un album. Le problème c’est que le morceau qui suit m’a donné la même sensation. C’est lent, le thème principal n’est pas mauvais, au contraire, mais c’est un tout qui me rend la chanson désagréable. Les « chœurs atmosphériques » sont peut être mal mixés, je ne sais pas, mais ils me bousillent les oreilles. Ça fait un bourdonnement désagréable. Bref, « Eternity » est aussi une piste faible de l’album pour moi. Deux d’affilée ça fait beaucoup. Surtout à ce niveau-là de l’album (Pistes 9 et 10 sur 11). Le dernier morceau a intérêt à être très bon ! Heureusement « Never Again » commence par un rythme bien punchy qui réveille pas mal après tout ça ! Malgré la joie immense, suite à l’intro et le couplet,  le refrain arrive et n’est pas à mon goût non plus… Un côté punk-pop que j’aime pas alors que d’habitude, il me fait aimer ses influences punk !  (Et j’aime la pop donc pas de soucis à ce niveau-là). Là ça ne passe pas c’est dommage. La deuxième moitié de la chanson est très sympa mais ne rattrape malheureusement pas tout. Vous comprenez mieux cet avis mitigé n’est-ce pas ?!

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Un album piquant

Libéré de mes a priori et en sachant à quoi m’attendre, la deuxième écoute a été celle de la révélation. Cet album est génial ! Rempli de pépites. Rien que le premier titre : « Clots ». Guitare, violoncelle, chœurs… ça a de la gueule et un caractère bien particulier que l’on retrouvera tout au long de l’album. Autre particularité, les chansons sont plutôt longues (5:30 en moyenne avec un tempo élevé) et sont remplies de nuances et de thèmes différents.

Très bon exemple avec « Argentina » qui passe par 5-6 thèmes différents. Impossible de se lasser surtout qu’ils sont tous très bien ficelés les uns aux autres avec tout ce que j’ai pu vous citer précédemment : solos, riffs metal, pré-refrain avec guitare folk, chœurs…  En fait, ce qui est excellent c’est que chaque morceau a son petit truc à lui qui me fait craquer. Pour Argentina c’était cette variété des thèmes (plus prononcée que les autres), pour le titre éponyme « Little Brother is Watching you », c’est le solo de guitare fretless impressionnament génial, et la coupure juste après qui fait un peu penser à un hymne.  Pour « Don’t Know Who to Pray to Anymore » c’est pour le passage instrumental final avec également un solo très mélodique et qui s’étend sur plus de 3 minutes avec une progression très très intéressante.

Mais si il y a un morceau que j’ai vraiment aimé lors de la première écoute c’est « Cuterebra » Pourquoi ? Parce qu’il est bizarre, qu’il parle de « Creepy things » (Googlez « Cuterebra » vous comprendrez), et que ça fait du bien de retrouver un Bumblefoot déjanté ! Il sort un peu du lot dans l’album, mais cette coupure est plus que bienvenue.

On pourrait reprocher une trop grande homogénéité dans le style des morceaux. Le son, les instruments utilisés, la manière dont ils sont utilisée, la construction des chansons, tout ça est assez linéaire. Mais c’est aussi ce qui assure la cohérence d’un album ! Et puis comme je l’ai dit, chaque morceau a son petit truc marquant, son explosion de sensation. Vous savez, le genre de passage pour lequel on peut attendre toute une musique que l’on n’aime pas, juste pour ces 30 secondes là ! Ici, en plus, j’aime la musique qui précède ces 30 secondes donc que demander de plus ?!

Apres Cuterebra, on replonge dans l’ambiance de l’album avec « Higher ». Ici c’est l’arrivée du violoncelle qui me fait rêver. C’est con, mais cette arrivée, putain que c’est bon ! (rahh je suis encore grossier) (regardez toute la vidéo ça vaut le coup !) Pour « Livin’ in a dream » c’est le pré-pré-solo, le pré-solo, et le solo qui sont magiques (oui je vous avais bien dit qu’il y avait plein de thèmes différents et désolé je ne me suis pas cassé la tête pour leur trouver des petits noms). En fait, j’adore ses passages instrumentaux. Ils sont parfaits. Ils enrichissent les chansons, les emmènent dans d’autres directions, les lient, bref, c’est exactement ce qu’on attend de passages instrumentaux.

Ahhhh et on arrive à mon morceau préféré. Élu meilleure intro, meilleur riff et meilleur solo de l’album. C’est rythmé, ça parle de femmes, le pré-refrain groove à fond, le refrain a droit à un super plan tapping à la Bumblefoot dans sa plus grande forme. Pour avoir une petite idée de ce que ça donne cliquez ici ! (vous pouvez regarder toute cette série de vidéos, elles sont très bien). Ce morceau s’appelle « Women rule the world ».

Si vous ne l’avez pas encore compris, on a affaire à un excellent album rock qui est sublimé par des textes et des arrangements toujours aussi léchés, avec toujours son jeu de guitare incroyable (qui a même fait craquer un des plus populaires rappeurs français). Je voudrais finir avec un petit mot sur le vrai Ron Thal. Sur ses qualités humaines. Restons pour l’instant sur l’homme de scène. Vous connaissez beaucoup d’artistes qui prennent plus de dix minutes pour embrasser son public, faire des photos, le tout en plein concert pendant une improvisation ?! J’ai déjà parlé du fait qu’il aime l’interaction avec le public. Et en effet regardez ce qu’est une véritable « Bumblefoot experience« . Accessoirement, le mec est super accessible. Je lui ai posé une question dans ses commentaires youtube, il répond dans les jours qui suivent. Bref, un homme proche de son public, ça fait plaisir. Sinon beaucoup d’artistes font de super spectacles, sont incroyablement talentueux, mais sont des hommes quelconques voire aussi cons que Jean-Marc, votre beau-frère qui, sous prétexte qu’il a une bonne place dans l’entreprise de son père et gagne trois fois plus d’argent que vous, se permet de vous prendre de haut et de croire que tout lui est dû. Non, Bumblefoot profite du peu de notoriété qu’il a pour véritablement agir pour des causes humanitaire, notamment dans la construction d’écoles. Il se déplace pour donner de petits concerts dans des pays défavorisés, dans des écoles (encore), bref il impose le respect par son talent mais aussi par son humanisme. Voilà le genre de personne que j’ai envie de soutenir en achetant ses albums (ou sauces piquantes !).

Ps: Cet article est sorti un peu tard par rapport à la sortie de l’album. Ça a commencé par un problème lors de la livraison du CD que j’ai commandé, puis on a reçu les EP d’haxis qu’on a traité en priorité, et comme Hélix voulait faire une review des Sunset Sons, on a décidé d’attendre un peu histoire de ne pas vous pondre des reviews chaque semaine. Voilà le pourquoi du comment.

Sur ce, je vous souhaite un très bon dimanche , un très bon lundi, et une pas si mauvaise semaine de travail !

-W-

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