Roulette russe musicale

AVERTISSEMENT : Ceci est une critique musicale conçue et rédigée par Hélix. En conséquence de quoi cet article contient cinq heures de racontage de vie et deux lignes de review musicale. Soir fort, ami lecteur, ce n’est qu’un mauvais moment à passer.

Je ne sais pas ce qui m’a pris de faire une review musicale. D’habitude, quand l’occasion se présente, j’appelle Wyhman, j’écoute en boucle les albums, je lui donne mes impressions « Il est cool ce petit son à 2:23 ! » et il se charge de traduire ça en dialecte musical « C’est vrai que la lap steel guitar au bottleneck en verre ajoute un clin d’oeil à la musique country du midwest américain des années 42 ». Sauf que voilà, cette fois c’était un concert et Wyhman n’était pas là, donc je n’ai d’autre choix que de m’y coller. Youpi.

Il y a deux semaines donc, à l’occasion de mon anniversaire (BON ANNIVERSAIIIIIIIIIIRE HELIIIIIIX) (pour le cadeau un simple chèque ou un sac de shokobons feront l’affaire), j’étais à Paris pour assister au concert d’Angus et Julia Stone. Mais en l’occurrence, ce n’est pas d’eux que je vais vous parler, bien que j’ai tout à fait apprécié leur performance. Mais soyons honnête, il est assez difficile d’être déçu par un artiste en concert. Déjà parce que, si on a payé la place (a fortiori au Zenith de Paris), c’est qu’on aime déjà un minimum la version studio et au final, le risque pris est assez limité. Sauf dans des cas extrêmes comme System of a down (on admire le courage des petits potes de Daron Malakian), on sait qu’en général on en aura pour notre argent. En plus de quoi j’avais plus ou moins triché puisque j’avais découvert Angus et Julia sur Arte concert donc je savais déjà ce qu’ils valaient en live, quand bien même je ne m’attendais pas à des arrangements aussi rock (ce qui était un point plutôt positif), ni même à une telle collection de guitares, il faut l’avouer. (Même qu’on a eu droit à un solo de banjo improvisé ET un solo de trompette. Et ouais.)

Mais je m’égare. Ce qui m’a vraiment étonnée, en fait, c’est la première partie. Ne me mentez pas, nous avons tous un historique difficile avec les premières parties, et au moins une première partie catastrophique à raconter (si ce n’est pas le cas, c’est que vous n’avez jamais fait de concert ou que vous avez autant d’oreille qu’un bulot farci). Je ne reviendrai pas sur le sujet de qui choisit les premières parties et pourquoi puisque, apparemment, il s’agit d’une équation complexe entre les artistes régionaux, les sponsors officiels et le prix du beurre de cacahuète. (Ouais, je m’en fous en fait.) Toujours est-il que j’ai compris que la qualité du groupe pour lequel on a payé n’a aucune influence sur la première partie et que c’est plus une espèce de roulette russe, sauf qu’il y a cinq balles dans le barillet au lieu d’une. Pour ma défense, si ma première première partie me laisse un souvenir aussi excellent qu’inattendu (c’était un rappeur et je ne pensais pas aimer le rap), ce fut par la suite un enchaînement d’expériences de plus en plus moyennes, jusqu’à devenir absolument désastreuses (pour ne pas dire douloureuses), l’apogée étant atteinte avec SAGE lors du concert de The Dø où je garde le souvenir de sourires gênés échangés avec des inconnus.

[youtube https://youtu.be/OrnE_-zR7WQ]
Ce qu’on pense tous réellement des premières parties.

Compte-tenu de mon expérience qui ne cessait d’empirer, je m’attendais à un truc vraiment bien mauvais. Impression renforcée par la présence d’un clavier sur scène, partenaire privilégié de mes pires souvenirs de première partie. Sur la batterie, colorée et chatoyante, je déchiffre « Sunset sons ». Entre ça et la couleur, on s’éloigne des univers hipsto-bobos de Thomas Azier et SAGE (si tu ne vois pas de qui je parle, c’est que tu as dû oublier de cliquer sur les liens, et crois-moi, tu ne sais pas ce que tu rates…. Ouais, tu as bien fait de ne pas cliquer en fait) et on se prend à espérer qu’Angus et Julia aient embarqué leurs petits potes australiens avec eux. À moins qu’il ne s’agisse d’une grosse blague et que, comme on fait dans le local, on se retrouve avec des Sunset sons de Neuilly qui prennent le soleil principalement à l’occasion de leurs vacances à Ibiza.

Hypothèse qui se dément avec l’entrée des artistes en scène. On ne sait pas exactement d’où ils viennent, mais ils ont clairement plus de gènes australiens que français. Quatre hommes bière(s) à la main, les corps tatouées  et du poil à foison (non, vraiment, on est loin de SAGE). De quoi flipper, donc, (c’est le principe même d’une première partie que de rendre suspicieux tout ce qui est d’ordinaire rassurant).

the do, chiant, thomas azier, sage, australie, britannique, sunset sons, review, musique, musical, avis, live, concert, zénith, paris, surf, Hossegor, tambourin, angus julia stone, première partie, peur, system of a down, hélix, wyhman, la vie en croches, la vie en croche, daron malakian, surfers, soleil, vitaminé, dynamique, énergique, délirant, déluré, révolutionnaire, trompette, banjo, solo, friends, batterie, clavier,

Quatre hommes forgés par le soleil.

Allez, fini la rigolade, une gorgée de bière et c’est parti.

Comment vous exprimer la violente et exquise claque que je me suis prise dans ma petite tronche de blogueuse mesquine et moqueuse à cet instant précis ?

Les Sunset sons fleurent à plein nez le groupe qui s’est formé dans un garage entre deux pintes et une sortie de surf. Ils servent un bon rock déluré, qui manque parfois de finesse mais atteint parfaitement son but : le public est en liesse, complètement conquis. L’ambiance est électrique et on saute dans tous les sens avec foi sur une musique énergisante. Ça sent le soleil, la mer et les vacances. Quelques accords et on s’y croit vraiment. Certes, les paroles, du moins ce que j’en comprends, ne vont pas chercher bien loin, et les mauvaises langues (Wyhman, pour ne citer personne), pourraient arguer, à raison, qu’ils ne se sont pas foulés niveau arrangements. Ils ne révolutionnent pas la musique, peut-être pas même le genre groupes de surfers, mais ils donnent de leurs personnes, et leur humour fait le reste (le chanteur qui lâche micro et clavier pour se lâcher au tambourin pour un rendu à mille lieues des Lumineers, ça valait le coup d’oeil).

[youtube https://youtu.be/y089Q9uOTCo]

Je ne vous le cacherai pas, je n’ai pas retrouvé cet engouement fou pour ce groupe en les réécoutant seule dans mon appartement. Malgré une bonne sono, les versions studio ne peuvent que mettre en avant les défauts susmentionnés : ils n’ont rien d’exceptionnel, si ce n’est cette énergie démentielle et merveilleusement contagieuse du live. La prochaine fois que je serai en manque de vitamine D, c’est certain que je retournerai les voir.

En épilogue sachez que j’avais presque raison puisque Sunset sons est un groupe australo-britannique (britannique donc, diront les anglais) (je profite qu’on ait peu de lecteurs pour me permettre ce genre de blagues qui concrètement, pourrait mettre un terme brutal et un rien expéditif à ma vie un chouïa en avance) qui séjourne actuellement à Hossegor car… car… (allez celle-là elle est facile) tous les membres partagent la passion du surf ! (Rien qu’à les écouter ça se devine, marrant ça). Leurs EP sont tous disponibles au téléchargement sur iTunes et ils enregistrent actuellement leur premier album à Nashville avec Jacquire King (là vous êtes censés être impressionnés mais personnellement je ne vois pas du tout qui peut bien être ce bonhomme). Ils sont également en tournée un peu partout en Europe donc si vous avez l’occasion n’hésitez pas, ils sont marrants et à mon avis encore abordables.

C’était une review musicale d’Hélix, merci à tous d’avoir lu et survécu ! (du moins je l’espère)

H.

Publicités

2 réflexions sur “Roulette russe musicale

  1. Pingback: Sur la route 66 (ou juste à côté) | La vie en croches

  2. Pingback: Le marketing selon Venus | La vie en croches

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s