C’est le printemps, sortez vos strings !

Et oui, c’est la triste vie d’une chroniqueuse musicale qui n’y connait rien en musique, condamnée à faire usage de subterfuges aussi pathétiques les uns que les autres pour attirer le lecteur en manque de se… d’amour. Vous l’aurez deviné, on ne parlera pas de ce genre de strings :

string, cordes, musique, guitare, apprendre , cours, prof, ukulélé, ukulele, hélix, wyhman, blog, la vie en croches, challenge, défi, Mais plutôt de ce genre-là :

string, guitare, cordes, musique, cours, prof, leçon, apprendre, ukulélé, ukulele, défi, challenge, hélix, wyhman, la vie en croches,  volonté, blanchette, snoezelen,

(Tu me diras que vu le nom de la catégorie c’était un peu prévisible).

Comme toute histoire, il est compliqué de déterminer où elle a commencé. Mais je sais bien que si je me suis retrouvée assise sur ce canapé il y a une semaine, c’est avant tout à cause d’une soirée entre amis qui fut à la fois géniale et désespérante à mes yeux. Vous savez, ce genre de soirées entre musiciens où tout le monde sort ses instruments et improvise un petit frichti joyeux, tout dans la détente. Sauf quand vous êtes celle qui se retrouve coincée entre une guitare et un ukulélé, absolument inapte à jouer tant de l’un que de l’autre. Tétanisée, littéralement. A essayer de se raccrocher aux branches mais à ne ressentir que le frustrant sentiment d’être hors du jeu.

A ce moment-là ce n’est pas compliqué, c’est que l’heure du jugement a sonné. Alors il y a plusieurs écoles, la première, la facilité, vous fait penser que vous êtes juste nulle en tout et que bon sang à 27 ans il est temps de réaliser que, pour le sens artistique, on repassera. Inutile de compter sur le sport non plus non. Nulle, on vous dit. Enfin non, pas nulle, vous souffle gentiment votre voisin (que nous ne balancerons pas mais sachez que son nom commence par un W. Enfin j’dis ça, j’dis rien…), juste pas assez investie. Et BIM. Mais jetons un regard honnête à notre parcours, et constatons : des connaissances vagues en tout, c’est vrai. Des notions de piano, de guitare, de ukulélé, de chant, de coloriage, de peinture, de dessin, de claquettes, de maquillage… Dilettante, donc. Manque d’investissement, donc. Oups.

A ce stade, il n’y a pas quarante solutions. Je peux faire une croix définitive sur la musique (et pas seulement la guitare ou le ukulélé, parce que j’ai déjà tentée trop de choses dans ce domaine pour savoir que si je pars maintenant, je pars pour toujours). Sauf que c’est un peu compliqué, parce que c’est plus ou moins la seule chose qu’il me reste. Le sport ? le yoga oui, mais c’est tout (et on ne voit pas de yogi aux Jeux Olympiques et moi je veux minimum faire les Jeux Olympiques) (ah oui, et j’ai pas d’endurance et je déteste la compétition) (bonne idée le sport, vraiment). Les arts plastiques ? Outre le fait que je m’amuserais bien, je sens que la partie technique poserait problème et que j’en viendrais à regretter la musique, pour le coup (car non, le coloriage, ça ne compte pas). Car c’est un peu le problème dans cette histoire : la musique, je sais que j’en suis capable. Seulement il ne reste de mes progrès initiaux qu’une constipation de la main droite et une main gauche ankylosée. Mon intuition musicale et mon sens du rythme (naissant, on le reconnait) ont décidé de partir en vacances à Ibiza, où le rythme n’a pas d’importance dès lors qu’on porte un bikini (pratique, mais du coup il faudrait se remettre au sport, et on en a déjà parlé). Donc, finalement, je sais que je peux plus ou moins le faire. Et puis mon oreille s’affine, mes analyses se développent et puis, détail accessoire, je co-dirige un blog MUSICAL, bon sang. Alors c’est vrai, je pourrais puérilement rétorquer à Wyhman que si je suis si peu investie il ne fallait pas se lancer dans un projet pareil avec une handicapée de l’investissement. Sauf que j’ai avant tout besoin de me prouver que je suis capable de faire quelque chose.

C’est là que l’illumination me frappe. Je dois prendre des cours. Après tout, ça fait quelques années que je me fréquente et j’ai fini par le comprendre, ce dont j’ai besoin, c’est de structure et d’objectifs clairs. Alors oui, bien sûr, je pourrais prendre des cours de guitare, j’en ai franchement besoin, c’est une évidence. Sauf que non, c’est clair et net dans ma tête, ce que je veux prendre, ce sont des cours de ukulélé. Mais POURQUOI DONC ? me demanderas-tu avec la même affliction que tous les guitaristes qui lisent cet article. Et bien je vais te répondre, parce que je sens que tu ne seras pas le dernier à poser la question.

J’aime le ukulélé (c’est même pour ça que j’ai commencé une série d’articles ici sur le sujet (oui je sais, c’est dingue). J’ai toujours eu le sentiment qu’il me correspondait plus que la guitare et que c’était MON instrument, le tout, je l’avoue, encouragée (façon de parler) par les gens qui ne manquaient pas de me faire remarquer que je me débrouillais bien mieux au ukulélé et que je ferais mieux d’abandonner la guitare pour m’y consacrer. Entendons-nous bien, je n’ai pas l’intention de renoncer à la guitare. J’ai une guitare que je trouve très belle et ce serait trop frustrant pour moi de ne jamais savoir en jouer. Seulement voilà, j’accepte que je ne serai jamais transcendante et que l’apprentissage sera long et douloureux. C’est même très exactement pour ça que je veux commencer par les cours de ukulélé. Je prends la voie de la facilité, en somme. Mais à l’heure actuelle la guitare est bien trop liée à la souffrance et la frustration et, là tout de suite maintenant, ce dont j’ai vraiment besoin, c’est de me prouver que je suis capable de faire quelque chose et, par expérience, je sais que je peux apprendre vite au ukulélé. Par ailleurs j’ai déjà pu constater que c’est un vrai bordel pour avoir des cours structurés de ukulélé sur internet et avoir un travail logique. Si je veux jouer du ukulélé comme d’un instrument à part entière, il me faudra passer par le prof, ça me parait évident.

Malgré l’envie dévorante d’appeler tous les profs accessibles un samedi soir à 23h, je choisis d’agir en adulte et d’attendre patiemment le mardi pour m’en remettre à mon luthier. Il m’indique un seul nom mais pas grave, j’ai confiance. J’appelle et, comme dans mes rêves les plus fous ou une comédie américaine, tout va très vite. Je peux avoir un cours tous les quinze jours (ce qui me parait la meilleure option possible vu mon emploi du temps chargé) si je commence le LENDEMAIN. Coup de sang, stress et angoisse. Et surtout, une putain d’excitation. Mais je sais ce que je veux, les choses bougent enfin et si on peut me reconnaître une qualité, c’est que je ne refuse jamais de prendre une porte qui s’ouvre à moi. Pour une fois le mercredi, pourtant vraiment pas ma journée favorite au monde (le jour des enfants c’est bouh), passe comme un charme. Jusqu’au moment où je reçois un mail qui m’explique qu’en fait la prof ne sera pas disponible, mais c’est pas grave hein, on va rattraper tant que possible. Bon il n’y a pas cours pendant les vacances mais je me dis que dans le pire des cas, j’aurais un cours quinze jours plus tard et après je reprends après les vacances. Le super plan de comment Hélix va quand même devenir une grande musicienne est toujours en marche. J’aimerais bien dire que ma patience fut d’ange mais en fait la semaine s’écoula sur des charbons ardents et je passais plus de temps sur ma boîte mail qu’à l’époque où avec deux potes on avait décidé de monter un groupe. Je me raisonne en me rappelant qu’un créneau m’est réservé et que vu le prix que ça coûte, je doute qu’ils crachent sur une nouvelle élève. Je commence quand même à me demander ce que je ferai si… Mais ma très saine politique de harcèlement porte ses fruits et je reçois un nouveau mail désolé m’apprenant que ma prof est en concert en Russie et que le premier cours devra encore être reporté à la fin des vacances (je ne sais pas si c’est une technique pour me convaincre de suivre leurs cours, mais on peut dire que ça fonctionne). Ok ça commence à faire loin mais du coup le premier cours tombe le jour de mon anniversaire et, comme j’aime bien les signes, je vois ça d’un plutôt bon oeil.

Avec le recul, je dirais que j’ai été plutôt lente à la détente et que les signes, et bien j’ai refusé de les voir justement. Mais comme je ne suis pas complètement débile, je dirais que le quatrième mail pour repousser (encore) la date du premier cours fut le bon, et que pas plus de deux heures plus tard j’avais pris rendez-vous pour le vendredi suivant avec mon nouveau prof de guitare. Pour apprendre la guitare. Et ouais.

La première rencontre avec le prof, c’est surtout histoire de voir mes attentes, et le programme. Mes attentes, je n’étais pas sûre de les connaître en arrivant chez mon prof. Et contre toute attente, je déballe tout. J’ai 27 ans, pas confiance en moi, aucune patience, je suis coincée et je n’ai aucun don pour l’engagement. Ici, je viens pour tout ça aussi, mais pas que. Je suis entourée de musiciens et j’en ai marre d’être frustrée. Je veux savoir faire et comprendre. Je ne veux pas me contenter de jouer certains styles ou de gratouiller au coin du feu pour draguer le jeunot. Je veux être indépendante, et je veux déchirer. Je suis là pour un défi. Je dois reconnaître que ça plait à mon prof qui apparemment a plus l’habitude des nanas qui viennent pour s’accompagner au chant. Je me fiche du chant (enfin plus ou moins), je me rends compte que ce qui m’excite en musique, c’est la maîtrise de techniques variées. Et là, sur ce putain de canapé, je sens que je peux le faire. Alors des cours, c’est comme une rééducation, il faut être régulier, s’investir complètement, et pas juste une heure par semaine. Le travail perso fera mon niveau. Et que les choses soient claires, je vais devoir me réconcilier avec ma guitare, parce qu’elle et moi on va passer pas mal de temps ensemble. Et pour ça, j’ai trouvé un truc infaillible, j’ai décidé de lui donner un nom. Je vous présente donc ma nouvelle copine, Blanchette Snoezelen. (C’est pas parce que j’ai décidé de corriger mes défauts que mon humour doit s’améliorer) (et voyez le bon côté des choses, au moins je n’ai pas d’enfants.)

cours, guitare, strings, cordes, motivation, investissement, la vie en croches, blanchette, snoezelen, hélix, wyhman, helix, ukulélé, ukulele, musique, blog, musical, défi, challenge,

H.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s