La fièvre du dimanche après-midi

Il y a deux semaines, je consultais facebook d’un oeil absent quand je suis tombée sur ça :

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La première fois que j’avais entendu parler du roller disco c’était dans The Goldbergs, et j’avais été séduite par l’atmosphère kitsch et familial de la chose. Assurément c’était là un passe-temps des plus funs et il était bien dommage qu’il soit passé de mode (apparemment j’aurais mieux fait de me renseigner un peu mieux avant d’en arriver à cette conclusion, mais nous y reviendrons plus tard). Aussi, persuadée que nous étions sur le point de vivre une expérience unique, ai-je décidé qu’il était hors de question d’y couper sous les prétextes habituels (« fait froid », « c’est loin », « mais on est dimaaaaanche »). C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés au Sucre en ce dimanche 29 mars.

Mais comme toute enquête aventureuse, tout ne s’est pas exactement déroulé comme nous l’avions prévu. Pour commencer, plus de patins disponible ! Après quelques minutes caliméroesques (« on aurait dû partir plus tôt » « c’est nul pour une fois qu’on fait un truc »), l’envie de ne pas décevoir nos millions de lecteurs (et aussi histoire de rentabiliser la bonne heure de transport en commun) nous donna le courage de prendre nos billets et rentrer sur le dancefloor, à l’affut des départs et de patins. Bien que disco (remarquez tant mieux, puisque c’était un peu le thème), la musique nous parut fondamentalement moderne, bien loin des Bee Gees. Autant dire que nous ne regrettions pas notre billet d’entrée.

Après avoir finalement réussi à récupérer deux paires de roller (d’une taille trop petite pour Wyhman mais quels sacrifices ne ferait-il pas pour son lectorat !) on a pu faire le grand plongeon dans les années 80. Bon, pas à cent pour cent parce que personnellement, je ne vous le cache pas, j’avais l’espoir d’avoir des patins à quatre roues, du genre bien vintage (et surtout moins dangereux que des rollers). Parce que ce que je n’avais pas vraiment pris en compte lorsque je nous avais entraîné au Sucre, c’est que pour en profiter au maximum, c’est déjà pas mal de savoir patiner. Mais bon… bon bon bon. Et bien on avait prié pour avoir des patins/rollers à notre taille, on allait pas rester comme des imbéciles sur le banc maintenant.

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Malgré la concentration nécessaire pour tenir debout ET avancer, nous avons pu profiter de l’ambiance. C’est que tout est fait pour que l’immersion dans les années 80 soit la plus complète possible ! La plupart des gens sont clairement des habitués et jouent le jeu à fond (tant d’un point de vue vestimentaire que capillaire (et oui, c’est le grand -et inattendu- retour de la coupe mulet)), à tel point qu’on dirait que certains revivent leur jeunesse (alors que la plupart n’était même pas né ou courait encore dans les bacs à sable à l’époque). Pour tout dire, on a un peu eu l’impression de pénétrer dans un monde parallèle où le père de famille/cadre d’entreprise peut céder à son plaisir coupable en toute impunité et complètement lâcher prise (personnellement j’ai choisi de ne pas lâcher le comptoir mais chacun son truc).

On a été assez surpris par l’ambiance bon enfant, les confirmés aident les petits nouveaux en détresse (d’ailleurs Wyhman s’est fait pas mal de copains comme ça !) et chaque bousculade se solde par un sourire (ou une gamelle…). Bien sûr, sur la piste on n’est pas tous égaux : certains se déchainent, d’autres forment des chenilles dangereuses, slalomant entre les novices aux genoux branlants (toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait totalement fortuite et indépendant de notre volonté *toussote*). D’ailleurs avec Wyhman on s’est pas beaucoup croisés pendant cette soirée, c’était déjà un tel challenge de patiner, qu’on ne vous raconte même pas si on avait dû le faire au même rythme.

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Ce qu’on ne savait pas, à ce moment-là, c’est que ce genre de soirée n’avait pas été remis à la mode qu’au Sucre. En googlant le phénomène sur internet, j’ai pu constater que toutes les villes d’Europe avait leurs soirées dédiées, finalement. Même Vogue a consacré un article sur la mode du roller disco et ses codes vestimentaires (remarquez après le retour précédent aux mochetés des années 90, il était logique de revenir aux années 80). Je dois admettre que personnellement, autant j’apprécie ce retour aux sources d’un kitsch indiscutable, autant je me demande comment un cerveau a pu concevoir une telle chose, à l’époque. Pour ceux qui ne visualiseraient pas très bien, le roller disco, c’est ça :

Comme vous l’avez sûrement déjà compris donc, le roller disco est une pratique répandue dans les années 80 dans les discothèques ou lieux spécialisés où l’ensemble des danseurs est monté sur patins. Quant à la façon dont cela s’est produit et bien… c’est presque un malentendu ! Le patin à roulettes faisait tranquillement son petit bonhomme de chemin depuis la fin du XVIIIème siècle, quand soudain le disco a décidé qu’il correspondait parfaitement à l’esprit de la musique et se l’est complètement approprié. Alors que les adultes vont en discothèques, les ados se retrouvent depuis toujours dans des patinoires au sol en parquet pour patiner sur de la musique live. Avec la fin des années 70 le disco prend le relai et le roller devient le symbole de la musique. Acteurs, sportifs servent la promotion de la pratique, en témoigne cet article. Hollywood essaie même de pondre quelques chefs-d’oeuvres sur le sujet mais bon… (si comme moi vous avez déjà entendu parler de Xanadu sans savoir de quoi il s’agit, et bien sachez que les rollers y tiennent une place de choix). Comme tout phénomène prenant naissance aux Etats-Unis, il s’expatrie relativement vite, et les années 80 voient fleurir des discothèques aménagées un peu partout. Même la France n’y échappera pas, avec notamment la Main jaune qui fait même une apparition dans La Boum ! (oui oui, on a revu la bande annonce du film rien que pour vous. Si c’est pas une preuve d’amour ça…).

Mais le plus impressionnant je crois, c’est qu’on a découvert que le patin à roulettes avait servi aux danseurs bien avant l’avènement du disco. Inspiré par le patinage artistique, on voit fleurir des compétitions de roller skating dès 1914. Et puis un certain Gene Kelly aurait trouvé le moyen de faire des claquettes en patin en roulettes…

Et pour finir, parce que vraiment on ne s’en lasse pas, un reportage (court, c’est promis) d’époque, sans trucage, sans scénario hollywoodien, avec l’esprit du pur roller disco : http://www.ina.fr/video/CAB7801011901

Pour tous les lyonnais, le programme du Sucre c’est ici, et les soirées roller disco y sont apparemment monnaie courante. On ne saurait que trop vous recommander cette expérience. Parce que malgré un manque totale de pratique, on s’est vraiment bien amusés !

H. et W.

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